Sommet Corée-Afrique 2024 : vers une coopération économique renforcée

Sommet Corée-Afrique 2024 : coopération renforcée
©Yonhap News.

La Corée du Sud, souhaitant asseoir sa position d’« État pivot mondial », voit en l’Afrique un partenaire incontournable pour sa croissance future. Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a insisté sur la nécessité d’une « croissance partagée », d’une « coopération durable » et d’une « solidarité plus forte » entre les deux parties. Aides financières, prêts aux entreprises, accords et protocoles. Nous faisons le point pour vous sur le sommet Corée-Afrique 2024 et les évènements parallèles.

Résumé du sommet Corée-Afrique 2024

Le premier sommet Corée-Afrique, qui s’est tenu à Séoul et Ilsan les 4 et 5 juin 2024, a réuni la Corée du Sud et 48 pays de l’Union africaine (sur les 55), dont 25 représentés par leurs chefs d’État. Le but était de renforcer leurs liens politiques, économiques et sociaux.

Image promotionnelle pour le sommet Corée-Afrique 2024

Un évènement inédit pour Séoul

Cet évènement historique, le premier du genre organisé par Séoul, a abouti à l’adoption d’une déclaration commune définissant les axes d’une coopération renforcée. La Corée du Sud s’est engagée à étendre son aide publique au développement (APD) aux pays africains, promettant 10 milliards de dollars d’ici 2030. Aussi, 14 milliards de dollars de prêts aux entreprises sud-coréennes souhaitant investir sur le continent.

Signature de 12 accords

Les accords signés en marge du sommet témoignent de la volonté des deux parties de concrétiser cette coopération. 12 accords et 34 protocoles d’accord (MoU) ont été signés. Ils couvrent des domaines variés tels que :

  • l’approvisionnement en minéraux critiques* ;
  • le commerce ;
  • les infrastructures ;
  • la mobilité.

La création d’une entité permanente de dialogue sur la stabilité des approvisionnements en minéraux critiques illustre l’importance accordée à ce secteur.

💡 Sont considérés comme critiques les minéraux rares ayant une importance du point de vue économique. Les minéraux critiques, parfois appelés « minéraux stratégiques » ou « minéraux de la transition énergétique », sont nécessaires pour différentes technologies modernes à application électronique et industrielle notamment.

Les défis mondiaux

Le sommet a également été l’occasion d’aborder les défis mondiaux, en particulier le changement climatique et la sécurité alimentaire. La Corée du Sud a réaffirmé son soutien au développement agricole de l’Afrique, en particulier à travers le projet « K‑Rice Belt » lancé en novembre 2023, qui vise à fournir des variétés de riz à haut rendement adaptées aux conditions locales.

Ce sommet marque une étape importante dans le développement d’un partenariat stratégique entre l’Afrique et la Corée du Sud. Il a ouvert la voie à une collaboration plus étroite et mutuellement bénéfique.

Les moteurs d’une coopération économique renforcée

Le sommet Corée-Afrique 2024 illustre la volonté mutuelle de renforcer la coopération économique entre la Corée du Sud et les pays africains. Plusieurs éléments clés ressortent en tant que moteurs de ce rapprochement.

L’Afrique, un continent d’avenir

L’Afrique représente un partenaire stratégique pour la Corée du Sud, car le continent africain dispose d’un important potentiel de croissance économique. En effet, la richesse de ses ressources naturelles, notamment en minéraux critiques, constitue un atout majeur. De plus, l’Afrique est un marché en plein essor avec une population jeune et dynamique.

La Corée du Sud, un partenaire crédible

La République de Corée est perçue comme un partenaire fiable et crédible par les pays africains. Le pays possède assurément une expertise reconnue dans des domaines clés tels que l’industrialisation, la numérisation et le développement de capital humain. Ainsi, la Corée du Sud est disposée à partager son savoir-faire et ses technologies avec les pays africains.

Ministres des Affaires étrangères : marocain Nasser Bourita (gauche) et sud-coréen Cho Tae-yul (droite).
Ministres des Affaires étrangères : marocain Nasser Bourita (gauche) et sud-coréen Cho Tae-yul (droite) (©ambassade du Maroc en Corée du Sud).
« La Corée est un partenaire crédible pour les pays africains. » (Nasser Bourita).

Des accords concrets pour soutenir la coopération

12 accords et 34 protocoles d’entente ont été signés lors du sommet pour matérialiser les ambitions de coopération. Le Cadre de promotion du commerce et des investissements (TIPF) et l’Accord de partenariat économique (EPA) visent à dynamiser les échanges commerciaux et les investissements. Durant ce sommet, la Corée du Sud s’est engagée à accroître son aide publique au développement en faveur des pays africains.

Des secteurs clés de coopération

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés pour renforcer la coopération économique. Parmi eux figurent :

  • les infrastructures durables ;
  • les énergies renouvelables ;
  • le numérique ;
  • l’agriculture ;
  • la santé ;
  • et le tourisme.

La coopération dans le domaine des minéraux critiques est également un axe majeur, avec la création d’une entité de consultation pour un approvisionnement stable.

L’objectif du sommet est de bâtir un partenariat mutuellement bénéfique, fondé sur la croissance partagée, la durabilité et la solidarité.

Les défis d’une coopération « gagnant-gagnant »

Malgré les nombreuses opportunités, la coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique doit relever certains défis pour être réellement bénéfique pour les deux parties. Les sources fournies ne traitent pas de manière approfondie des défis que représente cette coopération.

  • La nécessité d’accroître les investissements directs étrangers coréens en Afrique. Bien que l’aide au développement de la Corée ait augmenté, les investissements directs étrangers coréens vers le continent restent faibles. Ils oscillent aux alentours de 1,5 % du total des investissements coréens à l’étranger.
  • La faiblesse des échanges commerciaux entre la Corée et l’Afrique. Malgré une augmentation de plus de 150 % depuis 2015, les échanges commerciaux restent relativement faibles en termes absolus.
  • L’importance d’un partenariat équilibré et mutuellement bénéfique. Les pays africains sont ouverts à un partenariat avec la Corée, mais celui-ci doit être équitable et profiter aux deux parties. Il est donc important de veiller à ce que la coopération ne bénéficie pas uniquement à la Corée du Sud. Elle doit contribuer également au développement économique et humain de l’Afrique.
Alassane Ouattara, président de Côte d'Ivoire, lors du sommet Corée-Afrique 2024, le 4 juin 2024 (©Yonhap).
Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire, lors du sommet Corée-Afrique 2024, le 4 juin 2024 (©Yonhap).

L’avenir de la coopération Corée-Afrique : perspectives et opportunités

Le sommet Corée-Afrique 2024 est surtout une source de promesses futures basées sur trois piliers : la croissance partagée, la durabilité et la solidarité.

Les promesses du sommet Corée-Afrique 2024

La République de Corée et les 48 pays de l’Union africaine réunis lors de ce sommet souhaitent établir :

  • Une croissance partagée grâce à des aides publiques, des prêts et des investissements. L’avancée technologique et industrielle de la Corée du Sud devrait profiter à l’Afrique. Et le potentiel de croissance important du continent africain devrait être économiquement bénéfique.
  • Une coopération durable bénéficiant à l’accroissement de l’agriculture en Afrique d’un côté, et à l’utilisation de minéraux critiques de l’autre côté. Cette coopération pourra permettre de faire face aux défis mondiaux tels que le changement climatique, la crise alimentaire, les pandémies, etc.
  • Une solidarité plus forte avec un engagement de la Corée du Sud à maintenir la paix et la sécurité régionales grâce à des contributions financières et des opérations de maintien de la paix menées par les Sud-Coréens en Afrique.
Wamkele Mene, secrétaire générale de la ZLECaf, lors du sommet d'affaires Corée-Afrique, le 5 juin 2024 (©Yonhap).
Wamkele Mene, secrétaire générale de la ZLECaf, lors du sommet d’affaires Corée-Afrique, le 5 juin 2024 (©Yonhap).
« La Corée est un bon partenaire pour l’industrialisation de l’Afrique. »

Autres secteurs clés de la coopération

Outre les domaines mentionnés ci-dessus, le sommet a mis en évidence des secteurs clés de la coopération future, dont :

  • Tourisme. Un premier Forum du tourisme Corée-Afrique, organisé en marge du sommet le 3 juin, témoigne du potentiel de ce secteur.
  • Éducation et développement des ressources humaines. La Corée du Sud s’engage à soutenir le développement des compétences et des talents en Afrique, en particulier dans les domaines de la science et de la technologie. Comme l’illustre l’initiative coréenne « Tech4Africa ».
  • Infrastructures. La Corée du Sud promet de soutenir le développement des infrastructures en Afrique, en particulier dans les secteurs du transport, de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication.

Sources : Yonhap News.

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