Seollal 2024 : la Corée célèbre l’année du dragon !

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Seollal 2024, le nouvel an coréen
©La Corée en Lumière

Demain 10 février 2024, de nombreux pays d’Asie, dont la Corée du Sud, fêteront le Nouvel An lunaire, appelé Seollal (설날) au pays du matin frais. Mais ce moment de fête est largement répandu dans le monde entier grâce aux différentes diasporas asiatiques. Et cette année, nous accueillons le Dragon de Bois. Chaque année en Corée du Sud, Seollal est synonyme de retrouvailles familiales et de fête. Mais c’est aussi l’une des deux périodes, avec Chuseok, où les embouteillages sont nombreux, les hanbok sortis des placards et les plats traditionnels préparés.

2024 : où en est l’agitation traditionnelle de Seollal ?

Comme chaque année, Seollal est le moment propice pour prendre des « vacances ». Enfin, difficile de parler de vacances quand on sait que la joie de cette coupure est accompagnée de fatigue et de stress ! Avec Chuseok (le Thanksgiving coréen), le Nouvel An lunaire est une période où on s’active et se conforme à différents rituels et certaines obligations : retrouver sa famille, notamment ses parents et ses grands-parents, rendre hommage aux ancêtres, etc.

Les marchés locaux s’activent un peu partout

Seollal est un moment de partage et de convivialité, mais aussi, et surtout un moment où la tradition est très présente. D’ailleurs, les nouvelles générations renouent davantage cette année avec la tradition. Selon la journaliste Pyo Kyung-min de TheKoreaTimes, « les marchés traditionnels deviennent les nouveaux favoris de la génération Z ». Le style rétro des marchés avec les ventes à la criée, comme le marché de Gyeongdong à Séoul, parvient à reconquérir le cœur des jeunes Sud-Coréens.

Marché de Gyeongdong à Séoul, lundi 5 février (©TheKoreaTimes).
Marché de Gyeongdong à Séoul, lundi 5 février (©TheKoreaTimes).

Ces marchés populaires permettent aussi de se procurer différents plats et ingrédients de cuisine de qualité et toujours aussi appréciés par la population. C’est pourquoi les marchés traditionnels de la péninsule étaient déjà assaillis depuis le week-end dernier, en prévision des départs pour retrouver la famille en province.

Embouteillages en vue dans toute la péninsule

Cela explique combien les routes et autoroutes sont systématiquement saturées de voitures à Seollal. Sur les quatre jours de vacances de cette année (du vendredi 9 au lundi 12 février inclus), environ 5 millions de voitures devraient circuler chaque jour sur les routes de la péninsule coréenne, avec une pointe à plus de 6 millions de voitures sur samedi 10 février.

Embouteillage à la sortie de Jamwon à Séoul (Séoul-Busan) ce vendredi 9 février (©Yonhap).
Embouteillage à la sortie de Jamwon à Séoul (Séoul-Busan) ce vendredi 9 février (©Yonhap).

Ces déplacements n’ont pas pour but de se rendre au ski dans les montagnes ou aller en bord de mer comme c’est le cas en France chaque année. Seollal est un moment familial extrêmement important pour les Coréens. Alors, ils quittent les grandes villes (Séoul en tête) où ils vivent et travaillent pour se rendre dans les contrées d’où ils sont originaires. Encore de très nombreuses familles des grandes villes ont leurs parents ou grands-parents dans des petites villes ou des villages.

Les mesures du gouvernement face aux embouteillages

Pour réduire les embouteillages pendant les vacances du Nouvel An lunaire, le ministère des Terrains, des Infrastructures et des Transports a mis en place hier différentes mesures. 71 couloirs de dépannage seront ouverts aux conducteurs, et les panneaux d’affichage sur les grands axes proposeront des itinéraires alternatifs pour désengorger les autoroutes.

Des voyageurs à la gare pour prendre le KTX à la gare de Songjeong à Gwangju, le 8 février (©Korea JoongAng Daily).
Des voyageurs à la gare pour prendre le KTX à la gare de Songjeong à Gwangju, le 8 février (©Korea JoongAng Daily).

Le déplacement des Coréens ne se base pas uniquement sur le transport personnel en voiture, mais aussi sur les bus, les avions et les trains. C’est pourquoi les trafics de ces moyens de transport augmenteront de 11 % durant la période de Seollal. Ces mesures sont très importantes, car environ 92 % des Coréens qui voyagent resteront dans le pays.

Autre mesure très majeure. Le ministère de la Santé indiquait hier qu’environ 7 800 hôpitaux ou cliniques à travers le pays (dont 2 500 à Séoul) ouvriraient leurs portes chaque jour durant la période de vacances de Seollal. Le pays s’est préparé à un week-end de folie !

Qu’est-ce que Seollal ?

Seollal (설날) est le mot coréen désignant le Nouvel An qui suit le calendrier lunaire. Cette fête, venue de la dynastie Shang vers 1 300 avant J.-C., fait partie intégrante de l’histoire et de la culture coréenne depuis le premier royaume Gojoseon (고조선, 2 333 av. J.-C. – 108 av. J.-C.). Contrairement à notre 1er janvier, le Nouvel An solaire, Seollal marque un peu la fin de l’hiver ; même si la neige et le froid peuvent parfois être très présents comme cela a été le cas l’an dernier, bloquant ainsi de nombreux voyageurs à Jejudo. Et Seollal est avant tout un moment de retrouvailles familiales avec une codification qui rend cette fête typiquement coréenne.

Seollal ou Nouvel An lunaire ?

Jusqu’à encore récemment, le terme communément employé en France et en Occident en général, par abus de langage, était Nouvel An chinois. C’est tellement ancré dans la culture collective occidentale que l’on utilise encore souvent cette expression plutôt clivante. D’ailleurs, la chanteuse coréano-australienne Danielle du groupe de k‑pop NewJeans avait fait parler d’elle, le 21 janvier dernier, en tweetant « What r u bunnies doing for Chinese new year ? ». Bien que la fête du Nouvel An lunaire tire ses origines de la dynastie des Shang dans le continent chinois, « la culture n’a pas de nationalité » comme le souligne Lim Dae-geun, professeur à l’Université Hankuk. Cette fête est présente dans plusieurs pays d’Asie depuis des millénaires.

Danielle du groupe NewJeans.
Danielle du groupe NewJeans (©Ador).

En revanche, on peut nationaliser cette fête en parlant, par exemple, de Nouvel An chinois quand il s’agit de mettre en avant le folklore chinois et de Nouvel An coréen lorsqu’on parle des aspects culturels de Corée liés à cette fête. Car, en effet, le passage à la nouvelle année ne se célèbre pas tout à fait de la même manière selon les pays.

Hanbok, tteokguk, yutnori, sebae…

En Corée, le Nouvel An lunaire est une période riche en traditions et en réunions familiales. Cette fête est marquée par des rituels ancestraux comme :

  • le charye (차례) où l’on rend hommage aux ancêtres ;
  • le sebae (세배), un rituel respectueux des jeunes envers leurs aînés pour exprimer le respect et les vœux de bonne santé pour l’année à venir.
Dans une garderie à Séoul, les enfants apprennent à s'incliner pour Seollal (©Lee Sang-hom pour UPInews).
Dans une garderie à Séoul, les enfants apprennent à s’incliner pour Seollal (©Lee Sang-hom pour UPInews).

Ces rites sont communément réalisés en portant le hanbok (tenue traditionnelle coréenne), mais ce n’est pas obligatoire. Que l’on porte ou non ces somptueux vêtements, ces rites marquent la spécificité du Nouvel An coréen. Comme le font aussi les jeux traditionnels tels que le yunnori (윶놀이) qui favorisent la convivialité et l’union familiale durant les festivités.

Quant aux plats, ceux de Seollal sont particulièrement soignés et certaines recettes sont à l’honneur, comme le tteokguk (떡국), une soupe de gâteaux de riz qui symbolise le gain d’une année d’âge et de prospérité. S’y ajoutent des échanges de cadeaux et de souhaits pour l’espoir et le bonheur pour la nouvelle année.

Tteokguk (soupe de tteok) pour Seollal (©Soscs).
Tteokguk (soupe de tteok) pour Seollal (©Soscs).

La signification du Dragon de Bois dans la culture coréenne

Le zodiaque coréen s’inspire de celui de Chine et est composé de 12 animaux, chacun représentant une année dans un cycle de 12 ans. Dans la culture coréenne, le dragon symbolise la puissance, la sagesse et la prospérité. Contrairement à la culture occidentale où le dragon est vu comme une créature maléfique (emblème des forces du mal dans la Bible), la Corée et de nombreux pays d’Asie voient dans le dragon un être bienveillant, de bon augure.

Statue de dragon au temple Haedong Yonggungsa Temple à Busan (©Vincent_St_Thomas).
Statue de dragon au temple Haedong Yonggungsa Temple à Busan (©Vincent_St_Thomas).

Et, les animaux du zodiaque sont associés à l’un des cinq éléments : bois, feu, terre, métal et eau. Ces éléments tournent sur un cycle de 60 ans. Ainsi, le Dragon de Bois apparaît tous les 60 ans et combine les attributs du dragon avec ceux de l’élément bois. Le bois symbolise la croissance, la vitalité et le renouveau. Il est associé à la flexibilité, la compassion et la générosité. Le Dragon de Bois est alors perçu comme particulièrement dynamique, créatif et porteur d’un grand potentiel de croissance. Cette année est donc considérée comme propice pour entreprendre de nouveaux projets, pour la croissance personnelle et collective, et pour l’innovation.

Comment souhaiter la bonne année en coréen ?

Si vous désirez souhaiter la bonne année à vos amis coréens, dites 새해 복 많이 받으세요. Et pour celles et ceux qui ne savent pas encore déchiffrer le hangeul (alphabet coréen) :

  • la transcription officielle de Corée du Sud donne saehae bok manhi badeuseyo ;
  • l’alphabet phonétique international donne [/sɛː.hɛ/bok̚/man.ɦi/bad.ɯ.se.jo/].

Cette expression fonctionne aussi bien pour le Nouvel An solaire du 1er janvier que pour Seollal !

Parenthèses, depuis 2022 l’association K‑France organise chaque année à Lille son festival coréen au moment du Nouvel An lunaire. Si vous souhaitez (re)découvrir son édition 2024, nous avons partagé notre retour sur 1 2 3 Seollal, le festival coréen de Lille.

Je vous souhaite un très joyeux Seollal à vous tous ! 새해 복 많이 받으십시오 ! (une variante 😉)

Sources : KBS World French, Korea JoongAng Daily, The Korea Times, Yonhap

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